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 RD Congo : la ruée vers le commerce du perroquet

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CarineB

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MessageSujet: RD Congo : la ruée vers le commerce du perroquet   Sam 1 Mai - 23:08


http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=4095

Publié le 24/05/2005


(Syfia RD Congo) Le marché du perroquet est aussi lucratif qu'animé en RD Congo. Les exploitants se battent pour obtenir les permis d'exportation que ministres, généraux et fonctionnaires veulent bien leur laisser. "Enfant, matin et soir, je manquais souvent de me planter le nez dans le sol. Je marchais souvent la tête en l'air, les yeux rivés vers le ciel à contempler le vol des perroquets sauvages en migration", se souvient Mputu, l'air un peu rêveur. Ce spectacle réjouissant appartient désormais au passé. "Les jeunes actuels ne voient le perroquet qu'en captivité", regrette cet habitant de Mbandaka, capitale de la province de l'Équateur, à l'ouest de la République démocratique du Congo. Le Psittacus erithacus (perroquet gris à queue rouge) est une espèce rare qui vit principalement en forêt équatoriale. Il est surtout recherché pour ses cris et sifflements variés et parce qu'il parle bien. Il fait depuis quelques années, l'objet d'un trafic effréné, bien structuré et à grande échelle. Les perroquets sont capturés dans les différentes provinces de la RDC puis expédiés par avion à Kinshasa, dernière escale avant l'Europe, la destination finale de cet "or volant". Selon un responsable de la Direction des ressources fauniques et de la chasse du ministère de l'Environnement à Kinshasa, ce commerce représenterait des milliers des dollars. Parti à 25 dollars de Kinshasa, un perroquet peut rapporter dix à quinze fois plus sur le marché européen.

La guerre des quotas

L'administration congolaise délivre des permis d'exportation aux opérateurs sur la base d'un quota annuel de 10 000 spécimens, confirmé annuellement au Secrétariat général de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d'extinction) à Genève. Les exploitants doivent être inscrits au registre du commerce et disposer d'un numéro d'identification nationale et d'une carte des services de quarantaine. Pour 100 perroquets, le permis d'exportation coûte 460 $ US. Mais au noir, il peut atteindre 2 000 $. Des non-exploitants se battent donc pour obtenir ces documents et les revendre avec bénéfice aux "vrais" exploitants. Cependant, n'obtient pas ce document qui veut. "Depuis que des ministres, généraux et autres recommandés ont découvert qu'il y a à boire et à manger dans ce secteur, ils s'en sont mêlés, se plaignent les exploitants. Le quota de 10 000 spécimens fait désormais l'objet d'un tripatouillage inimaginable. Le plus gros lot du quota s'en va aux ministres et aux fonctionnaires ; il ne reste que 30 % pour les 65 exploitants reconnus." Certains commerçants, qualifiés d'amateurs, n'ont droit qu'à un quota de 10 à 20 perroquets, pas assez pour tenir toute l'année. "Avec 10 perroquets, vous avez juste 500 dollars de bénéfice. Que faire avec ça pendant une année ? ", se lamente un de ces "amateurs" en dépit de ses 20 années dans le métier. Quand on donne à une seule personne un quota de 3 000 perroquets, n'est-ce pas faire crever les autres ?"

"L'argent du perroquet"

Moulé dans un trois-pièces de chez Versace, Dane, la cinquantaine révolue et plus de 25 ans dans l'exploitation de la faune et la flore, est entré dans le métier aux côtés de son grand frère qu'il présente comme "le président fondateur de ce commerce". "Le métier du perroquet, on peut en vivre comme un patron et payer les frais scolaires de ses enfants. Cette maison que tu vois a été construite avec l'argent du perroquet". "Pour 1 500 dollars investis, vous avez un bénéfice brut de 5 000 dollars. Un monsieur qui a un permis d'exploitation de 1 000 perroquets pèse 20 000 dollars", témoigne Mole, désormais reconverti dans l'informatique. Il dit avoir payé une partie de ses études en Belgique avec l'argent tiré du commerce de ces oiseaux. Pour se ravitailler, les acheteurs se rendent dans les zones où vivent ces oiseaux. En échange d'un pagne, d'un sac de sel ou d'une modique somme d'argent, des villageois chassent pour eux le Psittacus erithacus dans les forêts environnantes. "Il y a quelques années, les grimpeurs allaient chercher les couvées perchées sur les arbres géants", se rappelle Mputu. Aujourd'hui, les oiseleurs ont réussi à dresser des perroquets appelés Nganga (féticheurs en lingala, Ndlr) qui, par leurs cris, attirent les autres vers des pièges enduits de colle forte, tirée de la sève d'hévéa. Il ne reste plus alors qu'à cueillir l'oiseau piégé et à le mettre en cage. Une seule expédition peut permettre de ramener jusqu'à 100 ou 200 perroquets.
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